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Enfant, Héphylie rêvait de devenir reine des grenouilles. Vivre sur
un nénuphar, entourée de ses coassants sujets, lui paraissait
le plus doux des métiers.
Hélas, un beau matin, elle égara son "H" dans une mare
voisine et perdit du même coup ses ambitions politiques.
Désormais, Ephylie ferait un métier sérieux : elle serait
marionnettiste, comédienne ou écrivain.
Dans sa première nouvelle, elle raconta une sombre
histoire de géant à deux têtes (elle avait cinq ans et
avait tout pompé sur son Grand Livre des Fées).
Dans son premier poème, intitulé "Madame
Indienne", elle fit rimer "Amérique" avec "Afrique"
et "Indienne" avec "Indienne".
Du grand art, donc…
Puis elle apprit que Stephen King était né, comme
elle, un 21 septembre, et comprit qu'elle avait toutes les chances de finir myope et alcoolique. Elle renonça donc à devenir romancière et fit des études de droit.
Après avoir bouclé ce cursus des plus sérieux, Ephylie constata avec horreur que son imagination s'était volatilisée.
Depuis lors, elle s'évertue à la retrouver en dévorant tous les romans qui lui tombent sous la main, avec une nette préférence pour les polars, la science fiction et la fantasy.
Ephylie se damnerait pour avoir une parcelle du talent d'un Fredric Brown (Martiens go home), d'un Terry Pratchett (Les annales du Disque-Monde) et d'un Alain Ayroles (De cape et de crocs, Garulfo…)
La plupart des textes qu'elle écrit aujourd'hui n'ont rien à voir avec la fantasy, le fantastique ou la science fiction, mais elle espère bien changer cet état de fait…
… pour votre plus grand effroi !
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