Mathieu Gaborit est né en 1972 et est
entre autre l'auteur des Chroniques de Crépusculaires, d'Abyme et de
Bohème. Son style, définitivement innovant, fait de lui l'un des
écrivains les plus en vue de la Fantasy et du Steampunk français.
Amateur
de jeux de rôle depuis son enfance, il a toujours eu le goût de
raconter des histoires. Plume Rouge lui pose aujourd'hui quelques
questions...
Plume Rouge : Mathieu, qu'est ce qui t'a lancé sur les chemins tumultueux de l'écriture ? Mathieu
Gaborit : Sans doute un savant mélange entre la chance, mes turpitudes
adolescentes et le goût de la lecture enseigné par mon père. A
l'époque, je jouais au jeu de rôle, j'écrivais mes scénarios, je créais
des univers. J'avais une démarche d'écriture. J'ai commencé un roman
sans vraiment y croire, et la chance a provoqué une rencontre fondatrice
: Stéphane Marsan. En définitive, j'ai du mal à séparer le désir
d'écrire de sa réalisation proprement dite à travers un roman publié.
Acter l'écriture à travers une démarche éditoriale est pour moi un
préalable indispensable. Je n'écris pas pour moi. C'était vrai hier,
cela l'est encore aujourd'hui.
PR : Quelles ont été tes sources d'inspiration en termes de lecture ? MG
: Variées. De Gracq à Howard, de Beckett à Moorcock. Il y a eu
néanmoins une empreinte indélébile de la littérature fantastique
jusqu'à la trentaine. Aujourd'hui, je ne lis plus de Fantasy.
Uniquement du polar, beaucoup de polars et de la littérature très
classique. Mon père fait office de « bibliothérapeuthe » pour me faire
redécouvrir les classiques que j'avais loupés à l'école, faute de m'y
intéresser ou qu'on m'apprenne à les lire.
PR : Les personnages de tes récits sont franchement profonds, attachants et charismatiques. Une recette miracle ? MG
: Bien aimable de ta part. A dire vrai, je marche exclusivement à
l'instinct. Mes personnages existent à compter du moment où j'en perds
le contrôle. Je cherche ce point de rupture, ce moment délicieusement
tragique où tu n'es plus maître à bord. Où l'émotion de l'auteur se
conjugue aux impératifs de l'histoire et conduisent les personnages sur
des sentiers inexplorés. Il faut que les personnages m'étonnent pour
que je puisse les suivre jusqu'au bout d'un bouquin. Je ne sais pas où
je vais, et c'est pour cette raison que les personnages m'intéressent.
Eux seuls peuvent me le dire.
PR : Deux trois conseils pour les jeunes écrivains en herbe qui veulent écrire de la Fantasy ? MG :
1 - Ne plus en lire.
2 - Chercher le sommet de la pyramide, c'est-à-dire l'idée simple et
intuitive qui chapeaute votre univers et transpire à chaque chapitre.
Une idée familière, une idée qui rôde dans l'inconscient collectif.
3 - Aimer la Fantasy pour mieux la transcender. Autrement dit, en
maîtriser la petite musique et prendre des risques, bousculer le genre.
PR : Parle-nous du dernier ouvrage sorti chez Mnémos, Abyme, le guide de la cité des ombres.MG
: Je n'ai pas collaboré à cet ouvrage. C'est le travail de toute une
équipe dont je salue le boulot. Pour le souci du détail, le souffle
baroque qui anime l'ensemble. Pour moi, un hommage à Abyme auquel je
suis particulièrement sensible.
PR : Un petit portrait Chinois ? Si tu étais un objet, tu serais...
un paquet de clopes. Des Light de préférence.
Si tu étais une saison, tu serais...
l'hiver, pour mieux se cacher.
Si tu étais un élément, tu serais...
la terre. Elle me manque.
Si tu étais un animal, tu serais...
un cerf.
Si tu étais une chanson, tu serais...
« Je te veux » de Satie.
Si tu étais une couleur, tu serais...
orange. C'est très tendance.
Si tu étais un roman, tu serais...
la métamorphose, de Kafka.
Si tu étais une légende, tu serais...
mort.
Si tu étais un personnage de fiction, tu serais...
le major Richard D. Winters dans "Band of Brothers".
Pour en savoir plus :
http://www.mnemos.com/AUTEUR/Gaborit.htmlhttp://www.souffre-jour.com/ (son site internet, vous pouvez même discuter avec lui via le forum).
Merci à lui pour toutes ces précieuses réponses.