Pouvez-vous parler un peu de Dragon Keeper ?
J'ai
pris d'assez longues vacances loin du Désert des Pluies, et du monde
des Loinvoyant, des ADLM et de Tawny Man. C'est mon retour ! J'avais
l'intention d'écrire un roman
( one-shot) qui servirait de bonne introduction à ce monde pour les
nouveaux lecteurs. Malheureusement (ou peut-être pas !) Je me suis
laissé emporter, et le manuscrit est devenu trop long pour être publié
en un seul livre. Dragon Keeper est donc le volume un de The Rain Wilds Chronicles. Le volume deux, Dragon Haven,
sortira en Mai 2010 ; il n'y aura pas une trop longue attente entre les
deux livres. Chronologiquement, Dragon Keeper se déroule après les
événements de la trilogie The Tawny Man.
Les marchands du Désert des Pluies constatent que tenir de leur part du
marché conclu avec le dragon Tintaglia est plus difficile que prévu.
Les dragons, qui devaient éclore et s'envoler, s'attardent encore,
dépendants de l'homme, car ils sont incapables de chasser pour
eux-mêmes. Avoir une horde de dragons intelligents et agressifs aux
abords de sa ville peut présenter quelques problèmes. Des Gardiens sont
alors embauchés ainsi qu'un capitaine et sa barge en bois sorcier afin
d'escorter les dragons au loin, le long de la rivière. Mais pour aller
où ?
Comment en est-on arrivé à publier cette histoire en deux tomes ? Quelle a été votre réaction ?
C'est
de ma faute. Tout simplement, je me suis impliquée dans les histoires,
j'ai bien aimé les personnages et j'ai commencé à enquêter sur des
questions secondaires trop nombreuses. Le livre a grandi, et j'ai
commencé à ajouter des matériaux à l'histoire d'origine afin que les
actions des personnages prennent plus de sens pour le lecteur. Et comme
j'ai étoffé l'histoire, le manuscrit s'est allongé, de plus en plus.
Donc, quand je l'ai soumis, (en retard, je suis désolée de le dire !)
il était trop long à la fois pour tout ce qui concerne le travail
d'édition et aussi pour sortir en un seul livre. Il nous a donc fallu
faire deux volumes. Ma réaction ? «J'ai besoin de plus
d'auto-discipline !"
Le livre décrit deux personnages féminins - Alise et Thymara. Pourquoi leurs parcours sont-ils si importants à raconter ?
Pardon
? Seulement deux ? Oui, le récit suit Alise et Thymara, mais je pense
que les histoires de Sedric et Leftrin sont tout aussi importantes.
Tout comme celle de Sintara. Comme pour tous les personnages du roman,
leur voyage est à la fois une découverte de soi ainsi que
l'apprentissage de ce qui arrive lorsque vous avez à vous préoccuper
non seulement de votre survie, mais aussi avoir à vous occuper
d'arrogantes créatures mangeuses de viande qui se considèrent comme vos
supérieures. Je pense que chaque personnage a pratiqué la tromperie
dans sa vie, et chacun se retrouve confronté aux conséquences de ces
actions passées. Pour moi, comment les vies des personnages
s'entremêlent, comment ceux-ci se transforment au cours de leurs
échanges, comment ils grandissent et évoluent est aussi important pour
le récit que la façon dont les dragons et leurs gardiens apprennent à
survivre et interagir alors qu'ils voyagent dans un environnement
hostile, tentant d'atteindre un sanctuaire légendaire et peut-être
mythique. En chemin, j'ai beaucoup apprécié étoffer ce que les lecteurs
connaissaient du désert des Pluies, des Anciens, de l'ancienne
civilisation qui a précédé non seulement Terriville mais Castelcerf, et
comment cette histoire a influé sur les deux villes. Donc, je pense que
c'est une bonne histoire bien mijotée, avec un petit quelque chose pour
tout le monde.
Bien sûr, les dragons jouent un rôle majeur dans vos histoires. Qu'est-ce qui vous inspire le plus venant de ces créatures ?
Je
pense que l'humanité est une intelligence solitaire. Je ne suis pas la
première lectrice de fantasy/SF à réfléchir à cela. Je regarde notre
relation avec nos animaux de compagnie, et des projets comme SETI (
Recherche d'Intelligence Extra-Terrestre). Nous écoutons les baleines
et essayons de comprendre leur chant. Nous tendons la main aux grands
singes avec le langage des signes. En tant qu'espèce, nous tendons la
main dans toutes les directions. Donc, c'est merveilleux de jouer à «
Et si » avec des questions sur la façon dont l'humanité pourrait
changer si nous devions partager notre monde avec une autre espèce
intelligente. Qu'est-ce qui nous arriverait si l'on devait admettre,
complètement, que les éléphants ont une culture et que des baleines
sont intelligentes, et que peut-être alors nous n'avons pas le droit
d'utiliser cette planète comme si nous étions les seuls habitants
importants. Alors je joue avec des dragons, des dragons qui nous
traitent exactement comme nous traitons les espèces qui partagent notre
habitat.
Je ne veux pas que cela sonne comme si j'écrivais des
allégories écologiques ou des « livres messages ». Ce n'est pas ce que
je fais. En fait, c'est toujours le même procédé : verser un lot
d'ingrédients disparates dans une marmite, laisser mitonner et de voir
quelles sortes de bulles d'histoire s'en échappent. Prenez des humains
et des dragons, tout aussi agressifs et arrogants, placez-les dans un
monde, je vois une infinité de possibilités d'histoires. Dragon Keeper explore un seul scénario possible.
Pourquoi pensez-vous que les légendes et histoires de dragons soient devenues si populaires auprès des lecteurs ?
Les
dragons, dans différentes cultures, ont joué des rôles différents. Ils
peuvent être des sources de sagesse, des symboles de la puissance de la
nature, des dévoreurs de jeunes vierges ou une force naturelle qui
frappe l'humanité. Ou incarner une douzaine d'autres rôles. Je crois
que nous sommes, comme je l'ai mentionné auparavant, une espèce
solitaire. Donc, dans les contes, partager notre monde avec une autre
intelligence est intéressant pour nous. Mais je pense aussi que nous
sommes attirés par les créatures de pouvoir, qu'elles soient
malveillantes ou bienveillantes. Depuis un bon moment maintenant, nous
avons vu des histoires de vampires, loups-garous, anges, démons,
dragons, licornes et autres puissants êtres extra-terrestres en
interaction avec les humains. Souvent, la romance se mêle à l'histoire.
Il y a aussi des questions de loyauté à explorer dans ces histoires. La
Fantasy nous donne un terrain de jeu idéal pour explorer les relations
entre les individus avec des niveaux inégaux de pouvoir. Le vampire qui
choisit de ne pas s'en prendre à la jeune fille sans défense, ou le
puissant dragon qui devient un serviteur d'un guerrier pour l'aider à
gagner une importante bataille, par exemple. Je pense que les gens ont
toujours été fascinés par les récits de tels partenariats.
Pouvez-vous donner des spoilers sur votre prochain livre Dragon Haven à venir en Mai ?
Des
spoilers ? MOI ? Mon Dieu, non ! Je ne trouve rien de plus frustrant
que de lire une « critique » qui dévoile le twist final de l'intrigue.
Mais, bien que je ne veuille pas dire un mot sur les personnages ou
l'intrigue, je dirai que Dragon Haven, seconde moitié du récit, sera plus trépidant que Dragon Keeper.
Ce sont deux parties d'un livre, et avec toute la mise en scène et
l'introduction des personnages réalisées dans la première moitié, la
seconde moitié est libre de monter en puissance.
Lisez-vous beaucoup de fantasy d'autres auteurs ? Quels livres appréciez-vous ?
Fantasy et SF restent mes genres préférés, avec les romans policiers
comme très proches seconds. Je suis inscrite aux magazines Asimov's et
The Magazine of Fantasy and Science Fiction. Je pense que certains des
travaux les plus passionnants de nos genres se font dans les histoires
courtes, et c'est un excellent moyen de repérer les écrivains à venir.
Le récit que je suis avec le plus d'enthousiasme est celui de A Song of Ice and Fire
(Le Trône de Fer) de George Martin. Contrairement à certains de ses
lecteurs, je suis prête à attendre le temps qu'il faudra. Je
préférerais qu'il reste fidèle à sa vision, prenne son temps plutôt que
de se précipiter. C'est une histoire géniale, et si vous ne l'avez pas
encore commencée, je la recommande fortement. J'apprécie le travail de
Brandon Sanderson, surtout Mistborn. Surveillez Wright Spell Blake
Charlton's, à sortir prochainement. Kate Elliott est un plaisir, comme
écrivain australien, Fiona McIntosh. J'ai été profondément attristée
par la mort récente de Robert Parker. Je suppose qu'une certaine part
de moi pensait qu'il y aurait toujours un autre livre de Parker à lire.
Comment avez-vous célébré la sortie de Dragon Keeper ?
Je crains, ma vie étant constituée de jalons, que j'étais déjà concentrée sur la prochaine chose que je voulais faire !
J'ai vraiment apprécié les séances de dédicaces et les lectures que j'ai faites pour Dragon Keeper.
Comme certains lecteurs le savent déjà, il est sorti en Juillet 2009
dans le Royaume-Uni, alors j'ai fait un voyage là-bas pour ces séances
de lectures et les dédicaces.
Au moment où un livre est en
fait publié, son écriture est souvent un an ou plus derrière moi. Cet
événement est complètement différent de celui où j'ai dit (le plus
souvent à moi-même, dans un bureau sombre du sous-sol, à trois heures
du matin ou presque) " Voilà. C'est terminé ! ".
Quand je termine le
manuscrit d'un livre, il y a une période de 24 heures durant laquelle
j'adore cela. Je me promène dans la maison, gloussant de joie, tout en
me demandant comment la maison a pu se transformer en un tel bazar.
Malheureusement, ces 24 heures sont souvent suivies par deux semaines
durant lesquelles je découvre tout ce que j'ai mal fait et que je dois
réparer. Mais ces 24 heures durant lesquelles je pense " Voilà ! C'est
terminé ! " sont la récompense parfaite après une année d'écriture.
Merci pour votre temps ! Y a t-il autre chose que vous aimeriez ajouter ?
Comme
toujours, mes remerciements les plus profonds et les plus sincères à
mes lecteurs, qui me laissent faire ce que j'aime faire pour gagner ma
vie !